Tapez « flyride » dans un moteur de recherche et vous tomberez surtout sur une attraction touristique américaine, un simulateur de vol. Ce n’est pas d’elle qu’il s’agit ici. Côté mer, le flyride est un engin hydropropulsé : une machine reliée par un gros tuyau à un jet-ski, qui décolle grâce à la pression que la turbine lui envoie. On le surnomme le « jet-ski volant », et on le confond presque toujours avec le flyboard. Je n’en ai jamais essayé — voici ce que nous avons pu vérifier, et ce qui reste flou.

L’essentiel à retenir

  • Le flyride est une machine hydropropulsée reliée par un tuyau à un jet-ski, de la même famille que le flyboard.
  • On y est assis sur une selle, pas debout sur une planche : c’est la différence la plus visible entre les deux.
  • Conçu par Zapata et présenté fin 2017, il est devenu rare : le fabricant indique avoir arrêté ses produits nautiques en 2019.
  • Activité encadrée, avec un jet-ski soumis à la réglementation maritime : sur ce point, nous renvoyons à la source officielle.

D’où vient le surnom de « jet-ski volant »

Ce qu’on voit depuis le bord

Ce qui surprend, vu depuis un ponton, c’est qu’il y a deux machines et une seule qui bouge vraiment. Un jet-ski reste presque immobile, moteur en charge, et un gros tuyau part de sa poupe en serpentant vers une petite coque posée à la surface. Puis cette coque se soulève, sort de l’eau et se met à planer à quelques mètres, deux jets blancs jaillissant vers le bas sous son avant. Dessus, quelqu’un est assis, mains sur un guidon. C’est ce tableau — une silhouette de jet-ski qui plane — qui a valu à l’engin son surnom.

L’ensemble comporte trois éléments distincts :

  • un jet-ski qui reste sur l’eau et sert de pompe : les fiches techniques relayées par les revendeurs demandent au moins 155 chevaux, et plutôt 300 pour exploiter la machine à fond ;
  • un tuyau de gros diamètre, qui achemine l’eau sous pression jusqu’à l’engin ;
  • le flyride lui-même : une coque d’une trentaine de kilos, avec une selle, un guidon et deux tuyères orientables à l’avant.

Pourquoi le mot prête autant à confusion

Le premier piège de ce sujet est le mot lui-même : « flyride » sert aussi de nom à une attraction touristique américaine, un simulateur de vol sur écran géant, sans aucun rapport avec l’eau. Si vos recherches vous emmènent vers des billets et des horaires d’ouverture, vous êtes sur cette piste-là. Le flyride nautique, lui, est associé à un nom précis : Zapata, l’entreprise française de Franky Zapata, également à l’origine du flyboard, qui l’a présenté fin 2017. C’est la presse nautique française qui l’a alors baptisé « jet-ski volant » — une formule de journalistes plus qu’un terme technique.

En vidéo : un flyride et un flyboard au-dessus de l’eau, de quoi saisir en quelques secondes ce que les mots décrivent mal.

Flyride ou flyboard : tout se joue dans la position du corps

Un pratiquant de flyboard en vol au-dessus de l'eau, debout sur sa planche

Le même principe, deux machines

Les deux engins reposent sur la même idée : ils ne produisent aucune puissance, c’est le jet-ski qui la fournit. Sa turbine envoie de l’eau sous pression dans le tuyau, cette eau ressort par des sorties orientées vers le bas, et l’ensemble se soulève. D’où le terme d’hydropropulsion, et d’où cette contrainte commune : on reste relié à une machine restée sur l’eau, on tourne dans un périmètre. Le flyboard est arrivé le premier, au début des années 2010 ; le flyride a suivi, avec une intention affichée par son concepteur — rendre le vol accessible à qui n’a pas le gainage d’un pratiquant de flyboard.

Assis sur une selle, et parfois à deux

C’est là que tout change. Sur un flyboard, vous êtes debout, pieds fixés sur une planche, les deux buses sous vos pieds : votre corps est le seul système de pilotage. Sur un flyride, vous êtes assis sur une selle, dans une coque dont la silhouette rappelle un petit quad, les tuyères à l’avant et un guidon dans les mains. Autre point sur lequel les sources concordent : la machine accepte deux personnes, dans la limite d’environ 200 kg. La vitesse annoncée reste modeste, de l’ordre de 35 km/h : on est dans le vol stationnaire et les figures, pas dans la course.

Ce que la stabilisation change à l’apprentissage

Deuxième différence de fond : le flyride embarque une stabilisation électronique. Des capteurs et un calculateur corrigent son assiette en continu, un peu comme un drone qui tient le vol stationnaire tout seul. Plusieurs modes existent, du plus assisté au plus libre, avec un décollage automatisé. La part d’équilibre que le flyboard demande à votre corps, le flyride la confie donc à son électronique. J’ai vu passer l’argument qu’« on ne peut pas tomber » : c’est un argument de vente, pas une garantie. On parle d’un engin motorisé qui décolle au-dessus de l’eau, encadré par un professionnel, gilet et casque sur le dos.

FlyrideFlyboard
Position du corpsAssis sur une selle, mains au guidonDebout, pieds fixés sur une planche
Nombre de pratiquantsJusqu’à deux, environ 200 kg de chargeUne seule personne
Sorties d’eau sous pressionDeux tuyères orientables à l’avantDeux buses sous la planche
Ce qui piloteGuidon, gâchette et assistance électroniqueLe corps : appuis, gainage, équilibre
Aide à la stabilitéStabilisation gyroscopique, modes de volAucune : tout repose sur le pratiquant

Une première fois : ce que ça demande, et où en croiser

Un jet-ski lancé sur la mer, le type de machine qui alimente un flyride

Encadrement, équipement et conditions

Comme pour le flyboard, on ne se présente pas devant un flyride en pratiquant autonome : il y a un briefing, un équipement fourni, et quelqu’un qui pilote le jet-ski d’alimentation pendant que vous volez. Ce jet-ski ne cesse pas d’être un véhicule nautique à moteur parce qu’il sert de pompe. Je ne suis pas monitrice et je préfère renvoyer au texte officiel : le ministère chargé de la Mer détaille le cadre applicable aux véhicules nautiques à moteur. Côté conditions, le bon sens de n’importe quelle sortie s’applique :

  • une mer plate ou très peu formée, parce qu’un engin qui décolle a besoin d’une surface stable sous lui ;
  • une zone dégagée, à l’écart des baigneurs et du trafic ;
  • un gilet et un casque, qui font partie de l’équipement habituellement remis avant de monter ;
  • l’acceptation qu’une séance puisse être annulée : le vent et l’état de la mer décident, pas l’envie.

Un engin devenu rare, et ce qu’il coûte

Autant être honnête : le flyride n’est pas près de devenir l’activité la plus répandue des plages françaises. Zapata indique avoir conçu et vendu ses produits nautiques entre 2011 et 2019, et son site officiel ne propose plus aujourd’hui que des appareils volants, le nautique n’y apparaissant plus que comme une étape de son histoire. Les machines encore en service sont celles achetées à l’époque, d’où une géographie très irrégulière. Pour l’ordre de grandeur : à son lancement en France, en 2018, la presse nautique citait environ 5 400 à 7 200 € TTC selon que l’on prenait l’engin seul ou avec son kit de raccordement. C’est le prix de la machine, pas d’une séance — et sur ce dernier, nous n’avons pas de fourchette vérifiée, donc nous nous abstenons.

Reste la question que je me pose aussi : pour un premier vol au-dessus de l’eau, chercher un flyride ou se rabattre sur le flyboard, bien plus facile à trouver ? Si l’équilibre vous freine, ou si vous voulez voler à deux, le flyride a un argument réel. Précision utile pour finir : cette page raconte et explique, rien de plus. Jet Sensation est un média nautique, sans machine ni créneau à proposer — qui écrit ici et pourquoi, c’est à propos du site.

Questions fréquentes sur le flyride

Le flyride vole-t-il vraiment tout seul ?

Non, et la formule mérite d’être corrigée. La machine ne produit aucune énergie : elle est alimentée en eau sous pression par un jet-ski resté à la surface, auquel elle est reliée par un tuyau. Son électronique de stabilisation corrige l’assiette en vol, ce qui simplifie le pilotage, mais elle ne remplace ni l’encadrement ni le jet-ski d’alimentation.

Faut-il un permis pour faire du flyride ?

La question se déplace sur le jet-ski qui alimente l’engin, car c’est lui qui navigue. Ce type de machine relève de la réglementation des véhicules nautiques à moteur, avec des obligations de permis, d’immatriculation et de zone de navigation. Ce n’est pas mon domaine de compétence : vérifiez le cadre exact sur le site du ministère chargé de la Mer plutôt que de vous fier à un résumé.

Flyride ou flyboard pour une première fois ?

Le flyride demande a priori moins d’équilibre, puisqu’on y est assis et que l’électronique stabilise la machine, et il accepte deux personnes. Le flyboard demande davantage de gainage, mais il est infiniment plus facile à trouver sur une côte française. En pratique, la disponibilité tranchera souvent avant la préférence.

Le flyride est-il toujours fabriqué ?

Son concepteur indique avoir conçu et vendu des produits nautiques entre 2011 et 2019, et s’est depuis tourné vers les appareils volants. Nous n’avons pas trouvé de communiqué officiel nommant explicitement l’arrêt du flyride, mais tout indique qu’il ne s’agit plus d’un produit neuf du catalogue.